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Ecouter du Mozart améliore l’intelligence des enfants, vrai ou faux ?

Dans les années cinquante, un psychologue français du nom d’Alfred Tomatis émit l’hypothèse que les hautes fréquences étaient bénéfiques pour le corps humain, et remarqua que ces fréquences étaient nombreuses dans les oeuvres de Mozart.

En 1993, des chercheurs américains [1] firent passer un test de QI à des collégiens, en les séparant en 3 groupes : le 1er groupe écouta une sonate de Mozart avant de passer le test, le second groupe écouta une cassette de relaxation, et le 3e groupe attendit en silence pendant dix minutes. Le groupe "Mozart" obtint un score supérieur de 8 et 9 points par rapport aux autres groupes.

Effet Mozart
Extrait de l’étude menée en 1993 (crédit : Center of the Neurobiology of Learning and Memory, University of California)

Cette expérience très médiatisée donna naissance au mythe de "l’effet Mozart", et poussa de nombreux parents à faire écouter de la musique classique à leurs enfants. Les gouverneurs du Tennessee et de la Georgie décidèrent même en 1999 d’offrir un disque de Mozart à chaque nouveau-né de ces états.

En 1996, une nouvelle expérience fut menée sur un groupe de 8120 enfants, en collaboration avec les stations de radio britanniques de la BBC [2] : un 1er groupe d’enfants écouta du Mozart, un deuxième groupe de la musique pop (Blur et deux autres artistes), et un dernier groupe écouta une discussion entre un journaliste et l’un des professeurs à l’origine de l’étude. Les groupes furent ensuite soumis à un test d’analyse. Le groupe qui avait écouté de la pop obtint des résultats légèrement meilleurs que les deux autres groupes.

D’autres études ont depuis démontré que la musique pouvait avoir un effet sur l’état d’éveil et la bonne humeur des sujets, et améliorer ainsi les capacités intellectuelles à court terme [3]. La musique de Mozart n’a pas de vertu particulière, et bien d’autres musiques pourraient avoir les mêmes effets. C’est la stimulation du cerveau qui est susceptible d’augmenter les performances, pas la musique en elle-même ; et cette simulation est d’autant plus importante que l’auditeur apprécie la musique qui lui est diffusée.

[1] "Mozart and Spatial Reasoning", Frances Rauscher, Gordon Shaw and Katherine (Nature, 1993).

[2] "Music listening and cognitive abilities in 10- and 11-year-olds : the blur effect" (Susan Hallam and Glenn Schellenberg, Annals of the New York Academy of Sciences, 2005).

[3] "The Mozart effect : An artifact of preference ?", Kristin Nantais and Glenn Schellenberg (Psychological Science, 1999).





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